Usages des arbres de connaissances

Exemple à la Cité des Métiers de Paris

Un Arbre de Connaissances est un instrument au service de ceux qui souhaitent obtenir une vision claire et dynamique de toutes les richesses qu’ils sont susceptibles d’exploiter et d’engendrer en collaborant les uns avec les autres, par là même il participe aux efforts d’insertion, de valorisation, de formation et d’enrichissement de tous.

A quoi servent les arbres de connaissances

Les arbres de connaissances permettent aux personnes de reconnaître leurs compétences, de les repérer dans un espace communautaire dynamique dans lequel ces compétences ont un sens. Chacun peut s’adresser aux autres ou être interpellé par les autres dans une reconnaissance et un échange de savoirs professionnels. Cette interaction développe ainsi de nouveaux savoirs issus de la rencontre et augmentent ainsi la compétence collective. Les compétences sont vivantes, s’échangent, se multiplient et se mutualisent.

Exemple concret :

Conseiller dans un CDM, je suis confronté à une difficulté : Je ne sais comment obtenir une information régulière sur l’état du marché du travail.

1) Une situation professionnelle journalière : renseigner sur les offres d’emploi, les métiers porteurs, etc. … révèle un besoin formulé sous la forme d’un questionnement.

2) J’ai à ma disposition :

 a) Le savoir issu de ma formation et de ma pratique.
 b) l’ensemble de mes collègues dans ma CDM et leurs savoirs qui peuvent résoudre mon problème. Je peux faire appel aussi aux différentes ressources de la CDM (internet, bornes interactives, multimédia, etc. …) et mes partenaires (ex. L’ANPE).
 c) Je peux faire appel à une ressource communautaire (l’ensemble des cités des métiers du réseau) qui ont déposé un ensemble de savoirs qu’ils maîtrisent et qu’ils peuvent transmettre à d’autres.


Avec l’arbre de connaissances, le réseau CDM partagerait ses savoirs grâce à une confiance établie au sein du groupe d’appartenance CDM et à la solidarité développée autour d’objectifs communs. Cette efficacité rend nécessaire le lien au groupe : le conseiller évolue par le groupe et inversement. Chaque conseiller se repère dans l’arbre de compétences, apprécie la contribution qu’il apporte à la richesse collective, découvre les opportunités de travail collectif en synergie avec les autres. Il découvre aussi « ce dont il est capable » et quels sont les capacités du collectif dans lequel il évolue, le réseau des CDM.

Reprenant l’exemple précédent, le conseiller appelant une ressource communautaire (ex. Une conseiller de la CDM de Guadeloupe) par le biais d’un individu qui aurait déposé le savoir désiré ne trouvera pas une solution à sa question par miracle. Il n’existe pas de copier/coller, mais il pourra dans l’interaction avec ce nouveau savoir contextualisé enrichir sa connaissance et les moyens de stimuler ses propres savoirs par rapport à la problématique donnée. Il réveillera peut-être un savoir endormi. Et dans l’interaction entre les deux personnes naîtront de nouveaux savoirs qui pourront enrichir alors à nouveau la ressource communautaire.

Comment faire un arbre de compétences

Il est indispensable de savoir pourquoi une ou plusieurs personnes vont se mettre au travail pour élaborer un Arbre.

Dans le cas qui intéresse le réseau des Cités des Métiers c’est d’accroître la collaboration entre les conseillers de toutes les CdM afin de mieux servir les usagers. Ce réseau pourra le faire :

  • en ciblant les besoins,
  • en mobilisant les conseillers,
  • en formant chaque conseiller selon ses besoins tout en tenant compte des logiques collectives,
  • en incitant les conseillers à gérer elles-mêmes leur évolution en harmonie avec l’évolution des cités et du réseau,
  • en partageant l’information et en collaborant à des projets collectifs,
  • en participant collectivement la diffusion de la culture propre aux cités.

Pour atteindre les objectifs fixés par ces enjeux, il importe d’impliquer 4 types d’utilisateurs. L’un d’entre eux est un facilitateur neutre : l’administrateur. Les trois autres sont des acteurs qui participent réellement à l’enrichissement de la communauté. L’Arbre est au sens le plus général, le capital commun de la communauté.

Dans le cas des Cités des Métiers :

  • Le premier type d’acteurs, les offreurs, ce sont les conseillers qui enrichissent et structurent l’Arbre en offrant leurs compétences.
  • En second les demandeurs qui mobilisent les compétences devraient idéalement être les demandeurs de conseil et d’informations : les visiteurs, les usagers. Comme il est souvent difficile de les impliquer dans l’expression de leur demande, cette expression sera souvent le fait des représentants de la mission sociale des Cdm. Ainsi ce sera eux qui fixeront les orientations, l’expression des besoins.
  • En troisième lieu : tout collectif a besoin pour s’adapter dans un monde en changement perpétuel, de ressources qui lui permet d’évoluer. Ces ressources peuvent être de la formation, du conseil en organisation et orientation. Il est donc nécessaire d’ouvrir le système à des « experts » qui apporteront les ressources dont le réseau des CdM pourrait avoir besoin. Sociologues, psychologue, pédagogue, ergonome enrichiront la vision des besoins et les compétences des conseillers…

Qu’est-ce qu’un arbre ce compétences

La représentation Une des plus grandes difficultés des systèmes complexes, et le réseau des CdM en est un, c’est l’absence de vision concrète partagée. La représentation en arbre de toutes les informations concernant l’offre, la demande, l’expertise est la résultante du traitement informatique. Cette représentation permet à chacun de situer son expression par rapport à celle de tous les autres. Ainsi chacun constate l’utilité de son apport et peut envisager de profiter de l’apport des autres. C’est là l’enjeu essentiel de ce dispositif que l’on pourrait résumer par la célèbre formule « un pour tous, tous pour un ».

Avec l’Arbre, dont il est l’un des membres, chacun est en mesure d’explorer la nature de son rapport aux autres : similitude, différence, intérêt commun ou divergent, etc. Face à la partition à laquelle on peut identifier l’ensemble des informations concernant tous les acteurs, chacun occupe un point de vue qui lui est propre et élabore une vision de son rapport aux autres qui influera sur la qualité de son implication dans le collectif. Bien évidemment cela est important pour une communauté, puisque cette implication sera à la base de la motivation de la personne, de son désir d’évoluer, de s’adapter, de se former, d’anticiper sur les évolutions, de proposer lui-même des évolutions.

Pour conclure, un Arbre de Connaissances est un instrument au service de ceux qui souhaitent obtenir une vision claire et dynamique de toutes les richesses qu’ils sont susceptibles d’exploiter et d’engendrer en collaborant les uns avec les autres, par là même il participe aux efforts d’insertion, de valorisation, de formation et d’enrichissement de tous.

samedi 10 octobre 2009, par Chantal Lebrun


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