Bulletin de naissance des arbres de connaissances…

Une histoire mouvementée…

Article de référence de Josiane Teissier (mai 2002)

“ L’idée des Arbres de connaissances a émergé, entre novembre 1991 et février 1992, à l’occasion des travaux de la mission pour l’université de France, dont les deux auteurs (Michel Authier et Pierre Lévy) ont été membres ”.

L’histoire de cette émergence et de son devenir serait à écrire : par quel enchaînement de circonstances, quelle configuration d’enjeux, cette mission publique, confié par Edith Cresson alors premier ministre, à Michel Serres , et qui devait rassembler des institutions publiques et privées autour de démarches de construction/validation de savoirs a donné naissance, cinq ans plus tard, à un projet porté par une structure privée… En effet, la société Trivium a été créée dès avril 1992 pour développer le logiciel et la démarche des arbres de connaissances, par Michel Authier, Pierre Levy, Michel Serres et Olivier Berstein après diverses et infructueuses propositions à des établissements publics (INRIA, CNRS, CNED, Universités).

Le projet public, porté par Edith Cresson cette fois en qualité de commissaire européen, réapparaît en 1996, avec le Livre Blanc “ Enseigner et apprendre, vers la société cognitive ” et la série d’appels d’offres visant le développement d’un dispositif non excluant de certification des compétences. Sans doute les “ arbres de connaissances ” ne sont-ils pas cités par le livre blanc : ils ne constituent pas moins la référence implicite de tout le dispositif de certification des savoirs.

Parallèlement à ce jeu institutionnel et économique, le livre qui en est résulté a déclenché en France deux mouvements contradictoires : une controverse s’est développée de façon informelle, sans écrits publics à caractère scientifique, avec notamment les milieux de la formation professionnelle, (syndicats compris), de l’éducation et de la recherche ; et un vif intérêt pour le projet s’est manifesté de la part de certains acteurs, qui retrouvaient dans le concept des “ arbres de connaissances ” l’énoncé de leurs propres principes d’action, mais avec une promesse d’opérationnalisation.

Ces acteurs se sont révélés rapidement très divers de par le champ de leur intervention et leurs pratiques : instituteurs “ Freinet ”, organismes de formation et de pré-formation, responsables d’Ateliers Pédagogiques Personnalisés, services informatiques de grandes entreprises privées ou de recherche d’entreprises publiques, dirigeants de PME en réflexion sur les classifications, organisme public d’animation et d’études sur l’emploi et la formation, institutions régionales publiques en charge de la formation…

Cette diversité constitue précisément un indicateur de la richesse potentielle des usages qui peuvent être faits des arbres, par delà le caractère idéologique voire militant du projet.

C’est la commission européenne qui à travers le livre blanc précité a redonné au projet initial une occasion d’expérimentations, la société Trivium s’étant depuis développée uniquement comme concepteur et diffuseur de logiciels conçus à partir de l’algorithme, et destinés plutôt aux entreprises.

Depuis 1998, les projets qui concernent les usages éducatifs ou d’insertion, et qui doivent faire l’objet d’un accompagnement méthodologique auprès d’associations souvent peu solvables est plutôt développé par une association appelée “ Arbor et Sens ”, largement soutenue par Michel Authier.

Josiane Teissier, chargée de mission au CEREQ, Centre d’études et de Recherches sur la Qualification, à Marseille.

lundi 17 novembre 2008, par Josiane

1 Message

  • Contact ?

    1er février 2009 18:48

    Bonjour,

    Je réagis à cet article parce que c’est le plus récent et que la rubrique "contact" ne fonctionne pas. Je suis principale adjointe de collège. Cela fait une dizaine d’années que j’ai entendu parler des arbres de connaissances et du logiciel Gingo. Je souhaitais vous contacter au sujet de ce logiciel. D’après le site de la société Trivium, il est intégré à une suite logicielle destinée aux entreprises, probablement très coûteuse. Est-il toujours possible de se procurer une version de Gingo à usage scolaire et à prix raisonnable, ou Michel Authier a-t-il définitivement "abandonné" le domaine de l’éducation ?

    Merci.


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